L’IA, l’indispensable baguette…pas vraiment magique

À force de tout déléguer aux algorithmes, les marques prennent le risque de perdre ce qui les rend uniques : leur voix, leur instinct, leur lien à leur audience. Entre l’obligation de se démarquer et la tentation de la facilité, l’agence Spiraltis s’exerce en permanence à trouver un nouvel équilibre que le progrès nous impose.

Tribune · Stratégie de marque – 17 avril 2026 · 2 min de lecture

L’intelligence artificielle est partout. À telle enseigne qu’on ne sait pas où elle n’est pas. Dans les studios de création, les services marketing, les agences de communication, plus personne ne peut et ne veut prétendre l’ignorer. Elle génère des visuels, rédige des posts, analyse des datas, optimise des campagnes — toujours en quelques secondes. Les équipes gagnent du temps, les budgets s’allègent, les financiers applaudissent. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Vraiment ?

Pas tout à fait, à en croire un nombre croissant de professionnels qui tirent la sonnette d’alarme. Car derrière les gains de productivité se cache une dérive plus silencieuse : celle de la déconnexion. En sous-traitant à l’IA la production de contenus, la définition des messages, parfois même le choix des valeurs à mettre en avant, certaines marques finissent par ne plus savoir à qui elles parlent — ni même qui elles sont.

« L’IA peut imiter un ton, jamais une conviction. Elle peut reproduire un style, jamais une intention. »

Le problème n’est pas l’outil. Il est dans l’usage. L’IA excelle à identifier des patterns, à reformuler, à optimiser ce qui existe déjà. Mais elle n’a pas de culture d’entreprise, pas de mémoire émotionnelle avec les clients, pas d’intuition sur ce qui fait vibrer une communauté à un instant T. Ces dimensions restent irréductiblement humaines. Or, quand une marque délègue trop, elle efface peu à peu ces aspérités qui la distinguent.

Le résultat ? Des contenus lisses, interchangeables, techniquement corrects mais sans âme. Des campagnes qui se ressemblent d’une marque à l’autre — comme si toutes avaient le même brief et le même algorithme. Le public, lui, s’en aperçoit. Pas nécessairement de manière consciente, mais il sent que quelque chose sonne faux, que la relation est devenue performative.

L’enjeu n’est donc pas de rejeter l’IA, mais de redéfinir clairement son périmètre d’intervention. Chez Spiraltis, nous pensons qu’elle peut être une aide précieuse à l’exécution, à l’exploration, à la recherche. Elle ne doit pas devenir le décideur stratégique. Les marques qui tireront leur épingle du jeu seront celles qui utilisent l’IA (et Spiraltis !) pour amplifier leur voix — et non pour la remplacer. Indispensable, oui. Mais la baguette magique, c’est toujours l’humain. Avant de donner raison à Orwell…