Alerte nucléaire

Alerte nucléaire ? Je sais quoi faire !

Le pitch

1 600 000 personnes, en 2016, vivent dans un rayon de 10 km (zone PPI –Plan Particulier d’Intervention) autour des 19 centrales nucléaires françaises. Le PPI est élargi à 20 km en 2019 et il concerne 2 400 000 personnes. En cas d’alerte, c’est-à-dire un accident nucléaire grave sur une centrale, correspondant aux niveaux 5 à 7 sur l’échelle INES,  le cœur du réacteur peut rejeter dans l’atmosphère de l’iode radioactif (iode-131). Ce dernier se disperse sous forme de gaz ou de particules, est absorbé par l’organisme via la respiration ou les aliments contaminés, se concentre massivement dans la glande thyroïde, qui en a besoin pour fonctionner et irradie la thyroïde de l’intérieur, augmentant fortement le risque de cancer de la thyroïde (surtout chez les enfants).

Le dispositif prévu par l’État, et piloté par le ministère de l’Intérieur (EDF étant l’opérateur mandaté pour l’exécution et l’ASNR (ex-ASN) étant le garant de la justesse des opérations), est séquencé en deux phases. Première phase, informer la population cible, par voie de campagne de communication et par voie postale, qu’il faut se rendre en pharmacie et obtenir, contre voucher, une boîte de pilules d’iode. En effet, les pilules d’iode (c’est-à-dire des comprimés d’iodure de potassium) servent à protéger la thyroïde en cas d’accident nucléaire. Deuxième phase : en cas d’alerte nucléaire, informer la population (rôle dévolu au préfet local) qu’il convient d’ingérer les pilules d’iode (selon la posologie) pour se protéger. L’alerte nucléaire est manifestée à la population cible par une sirène spécifique et des alertes sur les media d’État (radio, TV).

Pour la campagne 2016 puis pour celle de 2019, il est demandé aux agences de créer la campagne de communication et d’améliorer le taux de réponses, mesuré par le nombre de boîtes de pilules d’iode réclamé par la population cible.

Notre réponse

L’agence LJ Com, associée à BRIEF (dont l’équipe en charge du concept et de la communication est désormais l’agence SPIRALTIS), a remporté l’appel d’offres en choisissant un parti-pris de communication élargi et un dispositif technologique révolutionnaire pour l’époque.

Le parti-pris de communication élargi

L’agence a choisi de ne pas communiquer uniquement sur la nécessité d’ingérer de l’iode. Elle a proposé, et ce choix a été retenu par le pouvoir adjudicateur, de communiquer avec une promesse forte « Alerte nucléaire, je sais quoi faire ! » considérant qu’en cas d’alerte, il convient de contribuer à former la population à des comportements qui vont au-delà de la seule ingestion d’iode. L’agence a donc créé, en justification de la promesse je sais quoi faire, les 6 bons réflexes pour réagir.

Cette promesse forte n’a pas été sans provoquer des discussions et des hésitations. Débuter par Alerte nucléaire explicite clairement qu’un accident nucléaire peut arriver. Ce que n’aime pas vraiment admettre l’exploitant EDF ! Mais en tant qu’entreprise responsable devant les citoyens, elle a accepté soutenue par le ministère de l’Intérieur et l’ASNR (ex-ASN) de compléter l’exigence réglementaire (l’ingestion de l’iode) par une campagne responsable contribuant à favoriser des comportements citoyens adaptés aux conséquences d’une alerte nucléaire. Les riverains d’un CNPE (Centre Nucléaire de Production d’Électricité), en cas d’alerte, ne peuvent être tétanisés comme un lapin pris dans les phares d’une voiture. La panique ou la peur ne sont d’aucun secours, les bons réflexes sont essentiels pour maîtriser la situation.

Ajoutons que l’agence a insisté pour que le plan media soit à la hauteur de l’enjeu et des risques. Qu’il ne puisse être reproché aux pouvoirs publiques de n’avoir pas pris tous les moyens possibles pour éduquer et informer la population cible. Ce qui a conduit, notamment, à créer des supports de communication relayés par des élus ou associations locales et destinés à l’animation de réunions sur le terrain.

Le dispositif technologique révolutionnaire

L’agence BRIEF (désormais Spiraltis), outre la création de la campagne et ses supports print (affiches, dépliants, kits de communication publique) et numérique (site dédié, motion design), a innové en améliorant très sensiblement le process de distribution des comprimés d’iode. Lors des campagnes précédentes, les riverains recevaient un courrier, par foyer, du ministère de l’Intérieur et s’en munissaient pour retirer en pharmacie les comprimés. Les pharmaciens découpaient le voucher et le renvoyait chez EDF pour un comptage long et laborieux. BRIEF a développé une solution inédite et « révolutionnaire » : générer un QR code par foyers concernés (375 000 en 2016 puis 427 000 en 2019), l’imprimer sur le voucher, développer des applications mobiles de retrait pour les 278 pharmaciens d’officine et les 800 médecins concernés (en Laravel et Javascript), par douchette, et permettre ainsi une génération de data instantanée. BRIEF a pris en charge la gestion des bases de données des populations relais (dont les 500 mairies) et des populations cibles (les riverains), soit 2,4 millions de personnes en 2019.\

Dès le lancement des campagnes et pendant les trois ans qui ont suivi, BRIEF a assuré une hot-line pour les pharmaciens et un suivi mensuel avec les le ministère de l’Intérieur, EDF et l’ASNR (ex-ASN).

Des résultats probants
Par rapport à la précédente campagne de 2009, le nombre total de retraits d’iode en pharmacie pour la campagne 2016 a crû de 12 % pour les particuliers (190 507 contre 174 954). Le taux de retrait de cette catégorie s’établit à 51 %. Afin d’assurer une couverture complète, les particuliers n’ayant pas retiré leur boîte de comprimés l’ont reçue, en janvier 2017, par voie postale à leur domicile.
Pour les entreprises et établissements recevant du public (ERP), le nombre total de retraits d’iode en pharmacie est passé de 6 248 à 19 372, le nombre de boîtes d’iode retirées est passé de 85 529 à 159 644. Leur taux de retrait s’est établi à 38 %.
Le taux de retrait des établissements scolaires s’est établi quant à lui à 96 %.

Au-delà de l’objectif de retrait volontaire d’un médicament en pharmacie, la campagne entendait également développer une culture de la « radioprotection » afin que les citoyens soient conscients du risque nucléaire et connaissent les moyens de s’en prémunir.

Selon les résultats d’une enquête de l’Institut BVA de mars-avril 2017, la mémorisation de la campagne par le public a atteint un niveau record et atteste que le plan de communication a rempli son objectif.

La plaquette d’information (« Six réflexes pour bien réagir ») utilisée pour la campagne a été appréciée par le public. 

Conception de la campagne et des supports
Denis Allard allard@spiraltis.fr

Conception informatique, gestion des bases de données et suivi
Thibault Wacrenier twacrenier@spiraltis.fr